Entendu sur RMC infos ce matin, le supporter de l’Olympique de Marseille accueilli la nuit dernière en « héros » à l’aéroport de Marignane. Encore une fois les « journaleux » ne sont pas capables de faire preuve de bon sens et d’utiliser les termes appropriés. L’évènement est heureux évidemment mais de là à faire d’un supporter un zéro (pardon, un héros) il y a un gouffre qu’il eût mieux valu ne pas franchir. Mais rien n’arrête nos vaillants journaleux. À une certaine époque, le général Patton avait une autre idée du héros. Pour lui quelqu’un qui se faisait tuer au combat n’était qu’un C.O.N. Pour lui le véritable héros c’était celui qui allait tuer les C.O.N.S d’en face. On est bien loin de ces héros. Enfin, lorsque Santos aura procréé, son fils pourra réciter ce poème de Victor Hugo relatant un épisode d’une des guerres napoléoniennes en Espagne.

Après la bataille

Mon père, ce héros au sourire si doux,

Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous

Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,

Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,

Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.

Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.

C'était un Espagnol de l'armée en déroute

Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,

Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.

Et qui disait: " A boire! à boire par pitié ! "

Mon père, ému, tendit à son housard fidèle

Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,

Et dit: "Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. "

Tout à coup, au moment où le housard baissé

Se penchait vers lui, l'homme, une espèce de maure,

Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,

Et vise au front mon père en criant: "Caramba! "

Le coup passa si près que le chapeau tomba

Et que le cheval fit un écart en arrière.

" Donne-lui tout de même à boire ", dit mon père.

Décidemment, « Autopsie d’une décadence » va avoir beaucoup de mal avec les médias français.